Une marche contre l’agression rwandaise est prévue ce samedi 24 octobre 2026 à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, à l’initiative du gouverneur Paulin Lendongolia. Cette mobilisation, annoncée dans un contexte marqué par l’épidémie d’Ebola, suscite des interrogations sur les réseaux sociaux, notamment sur la cohérence entre les mesures sanitaires annoncées par les autorités et l’organisation d’un rassemblement public.

À travers cette marche, le gouverneur appelle les députés, les ministres, les responsables politiques et les forces vives à se mobiliser pour défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes s’interrogent sur le maintien de cette mobilisation alors que des mesures de prévention contre Ebola ont été annoncées dans la province.

Dans les commentaires publiés sur la page Facebook Tshopo Kwetu, un internaute se présentant sous le nom de Justice Kangamina écrit :
« Tantôt le gouverneur déclare qu’il faudrait faire attention avec cette épidémie, tantôt il n’aide pas sa population. »

De son côté, Yanick Faye pose la question suivante :
« Il n’y a plus Ebola à Kisangani ? »

Ces réactions traduisent les interrogations d’une partie de la communauté en ligne, sans pour autant représenter l’opinion de tous les habitants.

L’AJDDH alerte sur les risques de propagation

Dans une correspondance datée du 23 octobre 2026, l’ONG de défense des droits humains AJDDH a interpellé le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, avec copie au ministère de la Santé, à Médecins Sans Frontières (MSF) et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’organisation exprime ses préoccupations face aux risques sanitaires liés à la tenue de cette marche. Elle rappelle notamment que, le 9 juillet 2026, le gouverneur de la Tshopo avait signé un arrêté portant interdiction provisoire des rassemblements de masse sur l’ensemble de la province.

Dans sa correspondance, l’AJDDH évoque également les difficultés rencontrées dans la sensibilisation des communautés depuis la résurgence de l’épidémie.

« Depuis le début de la résurgence de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) dans la province de la Tshopo, notre organisation s’est pleinement investie aux côtés des communautés locales pour briser les barrières de la résistance communautaire à travers des causeries éducatives, la mobilisation sociale et des spots de sensibilisation. Nous faisons face au quotidien à la défiance des populations, aux rumeurs et au déni de la maladie », indique la correspondance.

Le porte-parole du gouverneur évoque des mesures de prévention

Face aux inquiétudes soulevées, le porte-parole du gouverneur, Maître Michel Biambe, a défendu la tenue de la marche. Dans une déclaration faite le 23 octobre, il a assuré que des solutions hydroalcooliques seraient mises à la disposition des participants et que la distanciation physique serait respectée.

« Je tiens à vous assurer qu’il y aura une circulation suffisante des solutions hydroalcooliques, à la portée de tous les participants. Mais évidemment, la distanciation sera observée parce que ce boulevard Lumumba que nous allons emprunter est un boulevard très large qui permettra à ce que chaque groupe puisse marcher dans le respect de la distanciation », a-t-il déclaré.

Des mesures antérieures qui soulèvent des questions

Le 9 juillet 2026, le gouverneur de la Tshopo avait signé un arrêté interdisant provisoirement les rassemblements de masse dans la province afin de prévenir la propagation d’Ebola.

Le 22 septembre 2026, la mairie de Kisangani avait, à son tour, rappelé l’interdiction des attroupements dans les lieux publics jusqu’à nouvel ordre, en référence aux mesures prises précédemment par les autorités provinciales et nationales.

Le maintien de cette marche soulève des questions sur les mesures actuellement applicables et sur les dispositions prises par les autorités pour concilier cette mobilisation avec les impératifs de santé publique.

Conclusion

Alors que la lutte contre Ebola reste confrontée aux rumeurs et à la défiance de certaines communautés, cette marche relance le débat sur la cohérence des mesures annoncées par les autorités. Selon le dernier rapport épidémiologique publié sur le site du ministère de la Santé le 18 octobre 2026, la Tshopo comptait 73 cas confirmés et 23 décès. Une clarification officielle permettrait de mieux informer la population et de dissiper les interrogations.

Christine Folo

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