Un malaise institutionnel semble s’installer au sein de l’Assemblée provinciale du Kasaï. Le député provincial Ferdinand Mposhampa a officiellement sollicité par la voie d’une motion incidentielle dans une plénière de ce jeudi 18 Décembre, la revisitation du règlement intérieur de l’organe délibérant, mettant en cause un cadre juridique interne jugé inadapté, voire instrumentalisé.
Selon plusieurs sources internes, certaines dispositions du règlement intérieur seraient devenues un frein à la transparence et au bon fonctionnement de l’Assemblée, ouvrant la voie à des interprétations sélectives au profit du bureau.
Dans la foulée, le député Gerson Mbumba est allé plus loin en appelant à la mise en place d’une commission spéciale d’audit chargée d’examiner la gestion de chaque membre du bureau de l’Assemblée provinciale. Une démarche qui soulève de sérieuses interrogations sur la gouvernance administrative, financière et décisionnelle de l’institution depuis l’installation du bureau actuel.
Derrière ces prises de position se dessine une exigence de redevabilité longtemps étouffée. Pour certains observateurs, cette demande d’audit traduit un déficit profond de confiance entre les députés provinciaux et les animateurs du bureau, soupçonnés de violations répétées des textes internes et d’un manque de transparence dans la conduite des affaires parlementaires.
Toutefois, le rapporteur Joseph Kalombo a appelé à la retenue. Il a plaidé pour que les députés disposent du temps nécessaire pour travailler, rappelant que plus de quatre commissions sont actuellement en activité, dont certaines peinent encore à déposer leurs rapports. Selon lui, la question soulevée devrait être abordée avec « relativité » et sens des priorités.
Malgré ces divergences d’approche, la plénière a finalement adopté le principe de la revisitation du règlement intérieur. Il a été décidé que chaque groupe parlementaire désignera un représentant pour faire partie de la commission chargée de cette révision.
Reste désormais à savoir si cette initiative débouchera sur des réformes structurelles concrètes ou si elle rejoindra la longue liste des alertes sans suite, dans une Assemblée provinciale de plus en plus critiquée pour son opacité.
Henri Ntambue