Après la vague de réactions suscitées par ses déclarations sur les forces armées, le président de la République, Félix Tshisekedi, est monté au créneau pour lever toute ambiguïté. Face aux critiques, le chef de l’État a tenu à clarifier le sens de ses propos, tout en lançant une interpellation directe à l’État congolais sur ses responsabilités envers ceux qui le servent.
S’exprimant mardi à Kinshasa, lors du lancement de la première édition des Conférences annuelles des services publics, Félix Tshisekedi a affirmé n’avoir jamais eu l’intention de mépriser les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ni les services de sécurité. Selon lui, ses mots, jugés durs par certains, visaient avant tout à dénoncer des réalités longtemps ignorées : les conditions de vie précaires de nombreux agents de l’État.
« Lorsque je dénonce parfois avec des mots durs l’indignité des conditions de vie dans lesquelles tant de nos compatriotes ont été contraints durant des années, ce n’est jamais pour les mépriser, encore moins nos vaillantes forces de défense et de sécurité », a-t-il déclaré.
À travers cette mise au point, le président Tshisekedi dit vouloir provoquer une prise de conscience collective. Pour lui, il est urgent que l’État assume pleinement son rôle et rende aux agents publics la dignité qui leur est due. Il estime qu’on ne peut exiger professionnalisme, patriotisme et efficacité sans garantir des conditions de travail et de vie décentes.
Dans son intervention, le chef de l’État a réaffirmé sa vision d’une amélioration progressive des conditions socioprofessionnelles des militaires, des policiers, des enseignants, des magistrats ainsi que de l’ensemble des fonctionnaires publics. Une réforme qu’il juge indispensable pour assurer des services publics de qualité à la population congolaise.
Félix Tshisekedi a enfin rappelé l’un des engagements majeurs de son second quinquennat : garantir à tous les Congolais, où qu’ils se trouvent sur le territoire national, l’accès à des services publics dignes, notamment dans les secteurs clés de la sécurité, de la justice, de l’éducation, de la santé et de l’administration.
Au-delà de la polémique, le message du président se veut clair : sans dignité pour les agents de l’État, il ne peut y avoir d’État fort ni de services publics efficaces.
Moïse Adonis Mbuyi