Le secrétaire général du parti Dynamique pour la Transformation du Congo (DTC), Jean-Pierre Kayembe Ilunga, a été suspendu de ses fonctions à l’issue d’une réunion du comité directeur tenue le 7 janvier 2026 à Kinshasa.
La décision, prise sous la présidence du président du parti ad intérim, Ngalamulume Muayila Hippolyte, a immédiatement suscité une réaction de l’intéressé, ravivant des tensions internes au sein de cette formation politique membre de l’Union sacrée.
Selon le procès-verbal de cette réunion, transmis notamment au ministre de l’Intérieur, au secrétaire général de l’Union sacrée ainsi qu’aux présidents des partis du regroupement politique AA/C, plusieurs griefs sont formulés à l’encontre de Jean-Pierre Kayembe Ilunga.
Le comité directeur lui reproche notamment sa participation à des réunions avec d’autres partis politiques sans en informer la hiérarchie de la DTC ni produire de rapport, certaines de ces rencontres ayant, selon le document, visé à porter atteinte aux intérêts du parti.
Il est également accusé d’avoir tenu des propos dénigrants et désobligeants à l’égard de certains cadres, d’avoir fait preuve d’un déficit de communication avec les organes du parti, d’avoir utilisé le siège national à des fins personnelles, retenu abusivement la clé du siège, ainsi que d’être impliqué dans la disparition de plusieurs chaises appartenant au parti.
Pour motiver cette suspension, le comité directeur affirme avoir agi conformément aux articles 22, 23 et 24 des statuts de la DTC, ainsi qu’aux articles 11 et 12 du règlement intérieur.
Dans l’intervalle, Mota Ngaliema Léonard, secrétaire général adjoint, a été désigné secrétaire général ad intérim.
De son côté, Jean-Pierre Kayembe Ilunga rejette catégoriquement cette décision.
Dans une correspondance datée du 9 janvier 2026, notifiée par voie d’huissier, il déclare nul et sans effet le procès-verbal issu de la réunion du 7 janvier. Il soutient que cette réunion aurait été convoquée par des personnes ne disposant ni de la qualité ni du pouvoir légal pour engager valablement le parti.
Le secrétaire général suspendu estime que le procès-verbal viole plusieurs dispositions des textes internes de la DTC, notamment les articles 30, 31, 41, 42 et 43 des statuts et du règlement intérieur, et considère que les décisions prises ne peuvent produire aucun effet juridique.
Il met en garde Ngalamulume Muayila Hippolyte, l’invitant à se conformer strictement aux textes du parti, tout en évoquant la possibilité de saisir les instances compétentes en cas de persistance de ce qu’il qualifie d’irrégularités.
La correspondance a été officiellement signifiée le 9 janvier 2026 par Maître Jacques Badibanga Sombahanya, huissier de justice près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe.
Elle a notamment été notifiée à Kazadi Muayila Théodore, vice-ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté autorité morale du parti politique DTC, ainsi qu’à plusieurs autres personnalités concernées. Des copies ont également été transmises à diverses autorités du pays, aux responsables du regroupement politique AA/C et à des cadres de la DTC.
Alors que chaque camp campe sur ses positions, de nombreux observateurs appellent la hiérarchie du parti à activer les mécanismes internes de règlement des différends, afin d’éviter l’aggravation d’une crise désormais perceptible au sein de la DTC.
Moïse Adonis Mbuyi