Un an après l’occupation de la ville de Goma par les rebelles du M23/AFC, soutenus par l’armée rwandaise, l’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) a livré, ce mardi 27 janvier, une déclaration poignante à la presse, marquée par la douleur, la dénonciation et un appel pressant à la justice.

Pour l’ANVC, le 27 janvier ne saurait en aucun cas être célébré comme une date de victoire. Cette journée doit plutôt rester un moment de deuil national, de mémoire collective et de recueillement, en hommage aux milliers de victimes de cette occupation armée.
Selon les informations recueillies auprès des victimes, des survivants et des organisations de défense des droits humains, plus de 10 000 personnes auraient perdu la vie à Goma et dans ses environs depuis le début de l’occupation.

Plus de 3 000 autres ont été blessées, certaines ayant été arrachées de force des structures sanitaires alors qu’elles recevaient encore des soins, en violation flagrante du droit international humanitaire.

L’ANVC dénonce de graves exactions commises contre les populations civiles, notamment :
la mutilation de corps sans vie ;
l’enlèvement de blessés de guerre et de patients hospitalisés ;
la destruction d’infrastructures sanitaires ;
le saccage de sites de déplacés internes ;
des pillages systématiques et organisés.

L’association s’interroge également sur le destin des biens pillés en République démocratique du Congo, évoquant leur possible transfert vers le Rwanda.Femmes, enfants, jeunes et personnes âgées figurent parmi les principales victimes de cette occupation.

Bombardements aveugles, exécutions sommaires, enlèvements, tortures, violences sexuelles et climat de terreur ont profondément marqué la population de Goma et des zones environnantes.

En ce jour de mémoire, l’ANVC appelle l’ensemble des Congolais, la diaspora, la communauté nationale et internationale, ainsi que toutes les victimes et survivants, à s’unir pour honorer les morts et refuser toute banalisation de ces crimes, qualifiés de violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.
L’association demande officiellement au gouvernement de la République démocratique du Congo de déclarer le 27 janvier journée de deuil national, afin de rendre hommage aux victimes de Goma et de toutes les zones affectées par l’agression armée.

Elle plaide également pour l’ouverture effective du processus de réparation des victimes, condition essentielle à leur survie, à leur dignité et à la reconstruction sociale.
Enfin, l’ANVC réitère son appel à l’ouverture et à l’accélération de poursuites judiciaires internationales contre tous les auteurs, co-auteurs et commanditaires des crimes commis à Goma et dans les territoires sous occupation.
Pour l’ANVC, le 27 janvier doit rester un symbole de solidarité nationale, d’engagement pour la vérité et de combat permanent pour la justice et la dignité des victimes du Congo.

Moïse Adonis Mbuyi

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