À Tshikapa, le ton se veut ferme, mais institutionnel. Dans une correspondance datée du 11 février 2026, le ministre provincial en charge de l’Information et des Médias du Kasaï, Mpembendjale Bazin, a adressé un rappel officiel au président de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), section provinciale, sur le respect de l’éthique et de la déontologie journalistiques.
Des « manquements graves » évoqués
Dans sa lettre, dont copie a été réservée au gouverneur, au vice-gouverneur et au secrétaire exécutif du gouvernement provincial, le ministre indique avoir constaté, à travers certaines productions médiatiques ainsi que des publications relayées sur des groupes WhatsApp et Facebook, des « manquements graves aux règles d’éthique et de déontologie professionnelles ».
Le document évoque également un non-respect des autorités légalement établies, susceptible, selon son auteur, de porter atteinte à l’ordre public, à la crédibilité de la presse et au climat de confiance entre médias et institutions.
Un rappel aux principes fondamentaux
Le ministre invite l’UNPC à « prendre les dispositions nécessaires » pour rappeler à ses membres les principes fondamentaux du journalisme : objectivité, responsabilité, respect des personnes et des institutions, conformément aux textes légaux en vigueur en République démocratique du Congo.
Sans citer de cas précis ni de médias nommément visés, la correspondance insiste sur la nécessité d’une presse « professionnelle, libre et responsable ». Elle prévient qu’en l’absence d’amélioration notable ou en cas de récidive, le ministère pourrait appliquer « rigoureusement les dispositions de la loi à l’encontre des contrevenants ».
Entre régulation et liberté de la presse
Cette initiative intervient dans un contexte où les rapports entre autorités provinciales et acteurs des médias restent marqués par des tensions sporadiques, notamment autour du traitement des questions de gouvernance locale.
Si les autorités invoquent la régulation et la préservation de l’ordre public, les organisations professionnelles rappellent régulièrement que la liberté de la presse, garantie par la Constitution, implique également la protection des journalistes contre toute pression ou intimidation.
Du côté de l’UNPC/Kasaï, aucune réaction officielle n’est encore été rendue publique au moment de la rédaction de ces lignes.
Henri Ntambue