À la suite des informations relayées dans certains espaces médiatiques notamment le chocnews.net, selon lesquelles il aurait engagé une action en justice contre la province du Kasaï pour s’opposer aux travaux du programme Tshilejelu, l’ancien gouverneur du Kasaï, Dieudonné Pieme, a rendu publique une mise au point afin d’éclairer l’opinion.
Dans ce document, l’ancien chef de l’exécutif provincial rappelle que le programme Tshilejelu a été lancé en 2020, au moment même où il entamait son mandat à la tête de la province du Kasaï. Dans ce cadre, l’avenue de la Banque à Tshikapa avait été identifiée parmi les axes prioritaires, notamment parce qu’elle prolonge les travaux de la Route Nationale numéro 1 et le projet de construction du pont sur la rivière Tshikapa, initiatives qu’il affirme avoir lui-même engagées.
Dieudonné Pieme explique également que cet axe bénéficiait déjà des interventions du projet PRISE financé par la Banque mondiale, qui avait notamment réalisé les ouvrages de la REGIDESO ainsi que les canaux d’évacuation des eaux. Selon lui, les infrastructures d’écoulement étant déjà construites, il ne restait essentiellement que la pose de la couche d’asphalte pour finaliser la modernisation de cette avenue.
Cependant, l’ancien gouverneur indique que l’évolution actuelle du projet a entraîné de nouveaux besoins techniques, notamment la réalisation de nouveaux ouvrages ou encore certaines expropriations. Dans un État de droit, souligne-t-il, deux options s’imposent généralement dans ce type de situation : soit engager une procédure régulière d’expropriation conformément à la loi, soit solliciter la compréhension des propriétaires concernés.
Dans le cas précis, Dieudonné Pieme affirme que ni lui ni les membres de sa famille n’ont été informés, même à titre indicatif, de la démolition de la clôture d’une parcelle familiale située sur l’avenue de la Banque.
Il précise par ailleurs que cette parcelle constitue un bien familial dont le liquidateur est son frère aîné, Nyimlongo Pieme, lequel a exprimé sa frustration face à cette situation.
L’ancien gouverneur révèle que la saisine de la Cour d’appel n’est intervenue qu’après le silence observé à la suite d’un courrier adressé au gouverneur de province afin d’obtenir des explications ou des justifications sur cette démolition.
Dieudonné Pieme rappelle également que durant sa gestion de la province, notamment lors des travaux de construction du marché central de Tshikapa et de la Route Nationale numéro 1, il avait personnellement veillé à ce que chaque citoyen concerné soit régulièrement indemnisé et que les droits privés soient respectés.
Il estime donc qu’il n’existe aucune raison pour que les droits de sa propre famille soient aujourd’hui ignorés, d’autant plus que celle-ci avait, pendant plus d’une année, mis gracieusement l’une de ses maisons à la disposition du gouverneur de province sans aucune contrepartie financière.
Enfin, l’ancien gouverneur insiste sur le fait que sa démarche ne constitue nullement une opposition aux actions du Président de la République ni un sabotage des efforts de développement entrepris dans la province. Selon lui, cette initiative vise uniquement à rappeler que la gestion des affaires publiques doit toujours se faire dans le respect des droits des citoyens et des procédures légales.
Il conclut en soulignant que la puissance publique ne saurait être assimilée à l’absence de droit et que l’adhésion des citoyens aux projets de développement ne peut servir de justification à des pratiques contraires aux règles et aux procédures.
Henri Ntambue