La session ordinaire de mars 2026 s’est ouverte lundi 30 mars à l’Assemblée provinciale du Kasaï sous la conduite du vice-président et président ad intérim, Maître Gédéon Mataba Kamba Mbangu. Dans son discours, celui-ci a insisté sur la mission de contrôle parlementaire, appelant les députés provinciaux à la responsabilité, à la rigueur et à la redevabilité pour une gouvernance exemplaire.
Un discours aux accents volontaristes qui intervient cependant dans un contexte marqué par de nombreuses critiques sur l’inactivisme de l’organe délibérant provincial.
Depuis plusieurs mois, l’Assemblée provinciale du Kasaï est régulièrement pointée du doigt pour son silence face aux grandes préoccupations de la population. La crise persistante dans le secteur de la santé, les retards dans l’exécution des projets d’infrastructures, la question de la rétrocession, la situation financière alarmante de la province ou encore l’état préoccupant des routes n’ont que rarement donné lieu à des initiatives parlementaires fortes ou à des contrôles rigoureux de l’action gouvernementale.
Alors que Maître Gédéon Mataba a annoncé une session consacrée au contrôle parlementaire, plusieurs observateurs s’interrogent sur la capacité réelle de l’Assemblée provinciale à exercer pleinement ses prérogatives, au regard des sessions précédentes jugées peu productives.
Dans son intervention, le président ad intérim a notamment évoqué la légèreté dans l’exécution du projet Tshilejelu, le dossier du scellage de la société EDC par la DGRKAS, la grève des agents de santé et la résiliation du contrat de la route Tshikapa-Kandjanji.
Autant de dossiers majeurs qui, selon l’opinion, auraient dû faire l’objet d’actions parlementaires concrètes depuis longtemps.
Par ailleurs, l’appel lancé au gouvernement provincial pour travailler avec rigueur et patriotisme contraste avec l’image d’une Assemblée provinciale souvent accusée de manquer d’initiatives, de communication et de suivi des recommandations adoptées lors des précédentes sessions.
Le rappel de l’obligation pour les députés de déposer leurs rapports des vacances parlementaires souligne également une autre faiblesse : le manque de redevabilité interne et l’absence d’un suivi systématique des préoccupations remontées par les circonscriptions électorales.
Dans une province confrontée à des défis structurels majeurs pauvreté persistante, déficit d’infrastructures, difficultés d’accès aux soins de santé et à l’électricité les attentes de la population dépassent désormais les discours d’ouverture et les déclarations d’intention.
La session de mars 2026 apparaît ainsi comme un test pour l’Assemblée provinciale du Kasaï. Entre promesses de contrôle parlementaire et critiques sur son inactivisme, l’organe délibérant est attendu sur des actions concrètes capables de restaurer la confiance et de démontrer que le développement du Kasaï ne restera pas, une fois de plus, au stade des bonnes intentions.
Henri Ntambue