À la suite de la décision (verdict) du procès du Dr David Balanganayi, où le Tribunal de grande instance de Kinkole, à Kinshasa, a condamné, vendredi 3 avril, le Dr David Balanganayi à deux mois de servitude pénale avec sursis, cela a suscité un regret venant de la Ligue des féministes de la République démocratique du Congo, qui a exprimé sa profonde indignation face à cette décision judiciaire qu’elle estime inadéquate avec la gravité des faits, à travers un communiqué publié le 7 avril 2026.

Une décision jugée trop clémente

Signé par au moins neuf femmes, dont Madame Caroline Pindi Norah , la Ligue des féministes de la RDC dit prendre acte de la décision de justice. Selon elle, cette sanction envoie un signal préoccupant de banalisation des violences faites aux femmes, y compris dans des espaces censés garantir soin, protection et dignité.

Les faits reprochés relèveraient, selon la Ligue, de violences obstétricales exercées sur une femme en situation de grande vulnérabilité après son accouchement. L’organisation déplore également la faible qualification juridique de ces actes ainsi que la légèreté des sanctions, qu’elle considère comme révélatrices d’un manque de prise en charge adéquate des violences basées sur le genre dans le système judiciaire congolais.

Un appel au respect de la dignité des femmes

La Ligue rappelle avec fermeté qu’aucune forme de violence ne peut être tolérée, justifiée ou relativisée. Elle estime que ce jugement, rendu durant le mois dédié aux droits des femmes, aurait dû constituer un précédent fort, affirmant clairement une politique de tolérance zéro face aux violences faites aux femmes.

Elle insiste sur le fait que la dignité des femmes n’est pas négociable et que la violence, quelle qu’en soit la forme, doit être combattue sans distinction ni hiérarchisation.

Une lecture sociale et historique de la violence

La situation de la victime, prénommée Dorcas, illustre, selon la Ligue, l’urgence de renforcer la prise en charge psychosociale des survivantes de violences en RDC. L’organisation s’inquiète également de la banalisation des violences et des réactions de dérision observées dans l’opinion publique, qu’elle considère comme le reflet d’un traumatisme collectif encore non résolu, marqué par l’histoire des violences coloniales et des conflits armés.

Pour rappel, cette affaire fait suite à des violences verbales et physiques subies par une patiente du nom de Dorcas Moya à l’Hôpital général de Kinkole, par le Dr David, après son accouchement par déchirure nécessitant une suture. Ceci étant connu grâce à une vidéo devenue virale le 26 mars 2026, suscitant une forte indignation dans l’opinion publique.

Christine Folo Singa

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