Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a réagi officiellement, à travers un communiqué publié le 23 avril 2026, aux incidents survenus dans la province éducationnelle Kasaï 1, liés au programme de bourses du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF).

Selon ce communiqué, plusieurs élèves filles ont été renvoyées de leurs établissements scolaires, exposées à divers risques et privées de leur droit fondamental à l’éducation, en raison de dysfonctionnements administratifs et financiers. Des perturbations des cours ainsi que des cas de blessures ont également été signalés.

Face à ces faits jugés graves, le ministère rappelle avec fermeté qu’aucune élève ne peut être sanctionnée pour des défaillances relevant de la gestion d’un programme public. Un principe qualifié de non négociable.
Pour contenir la situation, une série de mesures immédiates a été décidée : arrêt sans délai de tout renvoi des élèves concernées, reprise normale des cours, déploiement d’une cellule de crise et lancement d’une mission de stabilisation.

Parallèlement, une revue administrative et financière du programme est engagée afin de faire toute la lumière sur la chaîne de responsabilités. Un calendrier de régularisation, incluant les évaluations certificatives, sera communiqué dans un délai de 72 heures.
Le ministère annonce également le renforcement des mécanismes de remontée des plaintes pour prévenir toute récidive.

Au-delà de ces mesures d’urgence, une enquête administrative est ouverte pour identifier clairement les responsabilités, tant dans les décisions prises que dans leur exécution sur le terrain.

Le gouvernement insiste : les manquements constatés appellent des sanctions et une redevabilité stricte.
Ce rappel à l’ordre traduit une exigence claire : la mise en œuvre des politiques éducatives ne peut tolérer ni improvisation, ni abus, encore moins au détriment des filles, principales bénéficiaires du programme.

Le ministère appelle enfin les acteurs éducatifs et administratifs à privilégier les voies institutionnelles de règlement des différends et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre la sécurité et l’avenir scolaire des élèves. Une mise à jour officielle de la situation est attendue dans les prochains jours.

Sur le terrain, la réalité reste préoccupante.
Des milliers de filles ne sont toujours pas identifiées par le projet pour leur prise en charge, qu’il s’agisse des frais scolaires, des fiches formulaires ou des examens d’État. La subvention destinée aux parents, prévue depuis le lancement du projet au début de l’année scolaire 2024-2025, n’a jamais été versée.

Plusieurs chefs d’établissement, ayant procédé au renvoi des élèves, dénoncent également un déficit de communication avec la coordination du projet, notamment en ce qui concerne les effectifs réels des bénéficiaires. Ils affirment n’avoir reçu à ce jour aucune liste officielle des élèves concernées.

Henri Ntambue

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *