À l’occasion de la Journée internationale de l’hygiène menstruelle, célébrée chaque 28 mai, l’ASBL La Plume et Elles a organisé une séance de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle à l’intention d’adolescents âgés de 12 à 17 ans hors du système scolaire, encadrés par l’ASBL VEK (Voix des Enfants de Kisangani), à l’école LUAMA à Kisangani.
Cette rencontre a réuni plusieurs adolescents autour d’échanges visant à briser les tabous liés aux menstruations et à promouvoir un environnement favorable aux filles pendant cette période. Les participants ont également été sensibilisés à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle ainsi qu’à la nécessité de garantir aux filles un cadre bienveillant, respectueux et inclusif.
Un accent particulier a été mis sur le rôle des garçons dans l’accompagnement et le soutien de leurs camarades. Les participants masculins ont été encouragés à adopter des attitudes respectueuses, à éviter les moqueries et toute forme de stigmatisation, et à faire preuve de compréhension envers les filles durant leurs menstruations.
« Les menstruations ne doivent jamais être une source de honte ou de discrimination. Les garçons ont un rôle important à jouer pour créer un climat de respect et de solidarité », a souligné l’un des facilitateurs.

Des jeux de questions-réponses ont également permis aux adolescents de partager leurs expériences et de déconstruire plusieurs idées reçues autour de l’hygiène menstruelle.
Une participante a témoigné : « Avant cette séance, je ne savais pas qu’il existait des sous-vêtements adaptés pour la période menstruelle, ni l’importance d’une bonne hygiène. C’est grâce à cette séance que j’ai appris cela. »
Un plaidoyer pour la gratuité des protections hygiéniques
À l’issue de l’activité, des kits d’hygiène menstruelle ont été remis gratuitement aux adolescentes présentes. Chaque kit contenait un petit seau, du savon et des serviettes hygiéniques réutilisables, afin de contribuer à une meilleure gestion de leur hygiène menstruelle.
Au-delà de cette distribution, les organisateurs ont lancé un appel aux décideurs à tous les niveaux afin de rendre les protections hygiéniques accessibles, voire gratuites, qu’elles soient réutilisables ou jetables.
« Les serviettes hygiéniques coûtent cher pour de nombreuses adolescentes vulnérables qui n’ont pas de revenus stables. Si les autorités pouvaient rendre ces produits gratuits, comme les préservatifs qui sont souvent distribués lors de campagnes de santé publique, ce serait une avancée importante pour la dignité, la santé et l’éducation des filles », a déclaré Colette Yalanga, paire éducatrice en santé sexuelle et reproductive.
La précarité menstruelle en RDC
La précarité menstruelle reste une réalité pour de nombreuses femmes et filles en République démocratique du Congo.
Selon un article publié par Actualité.cd, citant les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2023-2024), parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans :
• 38 % utilisent des vêtements ou des morceaux de tissu pour gérer leurs menstruations ;
• 35 % utilisent des serviettes hygiéniques jetables ;
• 19 % utilisent des serviettes hygiéniques réutilisables ;
• 3 % utilisent du coton ou de la laine.
Ces chiffres illustrent les difficultés persistantes d’accès aux produits d’hygiène menstruelle et mettent en lumière l’ampleur de la précarité menstruelle dans le pays.
Une campagne pour briser les tabous
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne annuelle de l’ASBL La Plume et Elles, intitulée « Ses règles ne doivent pas arrêter ses rêves », qui vise principalement les adolescentes et la promotion de l’éducation des filles.
Il s’agit de la deuxième activité menée dans le cadre de l’édition 2026 de cette campagne, qui continue de sensibiliser, informer et agir pour une meilleure prise en charge de la santé menstruelle des jeunes filles.
Christine Folo Singa