La coordonnatrice de l’ONG Binadamu en Action et défenseure des droits de l’homme au Kasaï, Julie Ochano, accueille avec intérêt l’annonce du dialogue national, tout en appelant à une profonde réorientation de son objectif.

Pour elle, ce dialogue ne devrait pas servir au partage du pouvoir entre acteurs politiques, mais plutôt à consolider l’unité, la souveraineté et la cohésion nationale.

« Non au dialogue pour le partage du pouvoir, oui au dialogue pour la consolidation de la nation », soutient-elle, estimant que la RDC doit saisir cette occasion pour s’attaquer aux causes profondes de ses crises récurrentes.

Julie Ochano met notamment en avant la question des frontières nationales. Elle estime que, face aux tensions sécuritaires et aux ingérences des pays voisins, il est urgent de renforcer l’éveil civique et la connaissance, par les Congolais, des limites territoriales de leur pays.

La défenseure des droits de l’homme s’interroge également sur le rôle joué par les différents mécanismes et cadres de négociation impliqués dans la crise congolaise, notamment la CIRGL, la SADC, le processus de Doha, Washington et l’EAC.

Selon elle, il serait contradictoire de demander aux Congolais de dialoguer entre eux tout en laissant des acteurs et intérêts extérieurs continuer à peser sur les choix stratégiques de la République démocratique du Congo.

Elle dénonce ainsi ce qu’elle considère comme un système cyclique dans lequel les crises politiques et sécuritaires débouchent régulièrement sur des accords de gouvernance et des arrangements politiques.

Pour Julie Ochano, une véritable refondation devrait permettre à la RDC de reprendre pleinement la maîtrise de son destin et de mettre fin à cette dépendance aux différents cadres de négociation extérieurs.

Attachée à l’unité nationale, Julie Ochano rappelle avec force que « la RDC est une et indivisible ». Elle estime que le futur dialogue doit donc placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des ambitions individuelles et des calculs politiques.
Tout en exprimant des réserves sur le contour du processus annoncé, elle reconnaît néanmoins la portée du discours présidentiel.

« Néanmoins, je prends acte de la profondeur de votre discours », conclut-elle, tout en appelant le chef de l’État à aller plus loin afin que le dialogue annoncé ne reproduise pas, selon elle, les schémas ayant marqué les précédents processus politiques en RDC.

Henri Ntambue

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