La récente mise en place des Sous-Proved par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté suscite une vive réaction au Kasaï. Selon les informations disponibles, aucune femme ne figure parmi les personnes nommées à ces fonctions dans la province.
Pour Julie Ochano, coordinatrice de l’organisation Bina Damu en Action, cette situation pose une sérieuse question de représentation des femmes dans l’administration publique.
« C’est un constat amer. La parité n’est pas une faveur accordée aux femmes, c’est un droit garanti par la Constitution et par la loi », déclare-t-elle.
Elle rappelle que l’article 14 de la Constitution de la RDC impose aux pouvoirs publics d’éliminer toute forme de discrimination à l’égard de la femme, de promouvoir ses droits et de garantir sa représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
Cette exigence est également consacrée par la loi n°15/013 du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité, qui prévoit une représentation équitable des femmes dans les fonctions nominatives et électives au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
« Lorsqu’une mise en place administrative ne compte aucune femme, alors que des femmes disposent des qualifications et de l’expérience nécessaires, les autorités doivent pouvoir expliquer les critères qui ont conduit à cette absence totale de représentation féminine », estime Julie Ochano.
Elle interpelle directement le Président de la République : « Excellence Monsieur le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, vous qui avez fait de la masculinité positive un axe de votre action, nous vous demandons de veiller à ce que vos engagements en faveur des femmes se traduisent aussi dans les nominations administratives.
Nous vous prions de recadrer vos services lorsque les principes de parité ne sont pas suffisamment pris en compte. »
Pour la coordinatrice de Bina Damu en Action, les femmes congolaises ne demandent pas des postes par faveur.
« Elles demandent que leurs compétences soient reconnues et que les mêmes possibilités d’accès aux responsabilités leur soient garanties. »
Julie Ochano appelle ainsi le ministère de l’Éducation nationale à envisager un arrêté complémentaire permettant de corriger cette absence de représentation féminine au Kasaï, pour autant que des candidates remplissant les conditions requises soient disponibles.
« Nous ne voulons pas que les filles qui fréquentent aujourd’hui les écoles du Kasaï grandissent avec l’idée que les postes de responsabilité administrative sont réservés aux hommes. La parité doit être visible dans les décisions de l’État, pas seulement dans les discours », conclut-elle.
Henri Ntambue