Nanouche Ngalula, coordinatrice provinciale de la plateforme Appui aux projets des actions sociales (APAS) et directrice provinciale de l’Agence congolaise de presse (ACP) au Kasaï, tire la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante des violences numériques faites aux femmes en République démocratique du Congo.
Intervenant à l’issue d’un grand forum organisé à Kinshasa, elle a appelé à une mobilisation nationale urgente pour mettre fin à la banalisation de l’humiliation des femmes sur les réseaux sociaux.
Ce forum national, tenu sur trois jours, a réuni des participantes venues des 26 provinces du pays. Organisé par la Synergie des femmes pour la paix et la sécurité, avec l’appui de l’Ambassade du Canada et du Fonds pour les femmes congolaises, il a permis de réfléchir aux stratégies de protection de la femme face à l’exposition numérique, un phénomène devenu préoccupant et attentatoire à la dignité féminine.
Pour Nanouche Ngalula, la prolifération de contenus dégradants en ligne traduit « un profond manque de respect » envers la femme congolaise. Elle déplore la circulation incessante de vidéos humiliantes qui « détruisent des vies, brisent des carrières et portent gravement atteinte à l’honneur des victimes ».
Face à cette réalité « insupportable », elle annonce une série de plaidoyers auprès des autorités pour obtenir un cadre légal strict sur l’usage des réseaux sociaux. L’objectif : instaurer des mécanismes de sanction à l’encontre des auteurs de publications portant atteinte à l’intimité des femmes, et, si nécessaire, les traduire en justice.
Nanouche Ngalula prévoit également le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation à destination des femmes et des jeunes filles. Cette initiative visera à renforcer leur sécurité numérique à travers des conseils pratiques : limiter l’exposition volontaire en ligne, éviter la diffusion d’images sensibles et ne pas conserver de contenus trop intimes sur leurs appareils.
« La prudence et la vigilance demeurent le premier bouclier contre les violences numériques », insiste-t-elle.
Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa