La campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), lancée le 25 novembre 2025, a été officiellement clôturée ce samedi à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï. Initialement prévue pour le 10 décembre, la cérémonie de clôture a été reportée de quelques jours pour des raisons organisationnelles.
L’activité s’est tenue sous la forme d’une conférence-débat réunissant des organisations de défense des droits des femmes, des partenaires du système des Nations Unies ainsi que des autorités provinciales. Les échanges ont porté sur l’ampleur des violences basées sur le genre et la nécessité de renforcer les actions de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes.
S’exprimant au nom du gouverneur de province, la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Alphonsine Bundu, a rappelé la gravité des violences faites aux femmes et aux filles.
« Les violences basées sur le genre constituent une violation des droits humains et un obstacle majeur au développement et à la paix durable », a-t-elle déclaré.
Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à intensifier la prévention, améliorer la protection des victimes, faciliter l’accès à la justice et promouvoir l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles.
De son côté, le co-lead et lead ad intérim du sous-cluster VBG, Clément-Joseph Muyaya, a dressé un tableau alarmant de la situation mondiale et nationale.
« Selon plusieurs rapports, une femme serait tuée toutes les dix minutes en 2025 par son partenaire ou un membre de sa famille », a-t-il indiqué, soulignant l’urgence d’une mobilisation accrue.
Il a également rappelé que près d’une femme sur trois subit des violences au cours de sa vie, tandis qu’une adolescente sur quatre est victime d’abus de la part de son compagnon, insistant sur le fait qu’aucune forme de violence contre les femmes et les filles ne peut être justifiée.
La campagne 2025 s’est articulée autour de plusieurs axes :
au niveau international, la lutte contre les violences numériques ;
au niveau national, l’unité pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles ;
au niveau provincial, l’appel à briser le silence face aux violences numériques, sous le slogan « Un espace sûr pour tous ».
Les différents intervenants ont exhorté les autorités, les partenaires et les organisations de la société civile à agir contre l’impunité, à sanctionner les auteurs de violences et à investir davantage dans la prévention ainsi que dans l’accompagnement des survivantes.
La clôture de cette campagne a été l’occasion de réaffirmer la nécessité de maintenir la mobilisation au-delà des 16 jours d’activisme, afin de renforcer durablement la protection des femmes et des filles dans la province du Kasaï.
Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa