Une vive tension communautaire est observée dans le territoire de Mweka, dans la province du Kasaï, à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant de jeunes individus se réclamant de la communauté Kete. Dans cette séquence, ils annoncent ouvertement leur intention de s’attaquer à la communauté Kuba, invoquant des frustrations liées à ce qu’ils qualifient de marginalisation et de discriminations persistantes.

Selon les déclarations contenues dans la vidéo, ces jeunes dénoncent leur exclusion des cercles de prise de décision au niveau local et provincial. Ils affirment que la communauté Kete ne serait pas représentée dans certaines institutions publiques clés, notamment dans le secteur de la santé. Ils évoquent également un déséquilibre dans la répartition des responsabilités politiques au niveau provincial, soulignant que les deux portefeuilles ministériels attribués au territoire de Mweka seraient détenus par les membres d’une même famille, à savoir le ministère de l’Agriculture et celui de la Santé.

Ces revendications ont suscité une réaction de la part d’un notable du territoire de Mweka, Joël Minga qui a condamné publiquement et sans équivoque toute forme d’insurrection armée ou de menace contre une communauté. Tout en reconnaissant que certaines préoccupations méritent d’être examinées, il a estimé que le recours à la violence constitue un risque majeur pour la cohésion sociale et la stabilité du territoire.

Joël Minga souligne que la communauté Kete, majoritaire à Mweka, exprime un sentiment de non-représentation au sein du gouvernement provincial, du gouvernorat et dans la gestion administrative du territoire. Il appelle toutefois à un traitement institutionnel et pacifique de ces revendications, mettant en garde contre toute banalisation des discours armés susceptibles de dégénérer en conflit ouvert.

Face à cette situation, plusieurs appels ont été lancés en direction des autorités politico-administratives de la province du Kasaï, des chefs traditionnels du royaume Kuba, des leaders communautaires Kete, des élus locaux et des notables, afin d’engager une action concertée pour prévenir une escalade de la violence.
Parmi les pistes de solution avancées figurent l’organisation d’un forum de paix et de cohésion sociale réunissant les différentes communautés, la réalisation d’un audit indépendant des nominations publiques afin d’évaluer les critères de représentativité, le désarmement et la réinsertion socio-économique des jeunes impliqués dans les groupes armés, ainsi que le renforcement de la médiation coutumière et des actions de sensibilisation en faveur de la paix.

Alors que la situation demeure préoccupante, plusieurs observateurs estiment qu’une réponse rapide, inclusive et institutionnelle des autorités pourrait contribuer à apaiser les tensions et à préserver la coexistence pacifique entre les communautés de Mweka.

Henri Ntambue

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