Le chef rebelle Corneille Naanga a adressé une correspondance officielle au président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, dans laquelle il exprime de sérieuses préoccupations sur la conduite et la coordination des processus de médiation en cours concernant la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

Dans ce document du 9 Janvier 2026, Naanga sollicite des clarifications précises sur une éventuelle rencontre à Luanda, notamment sur le rôle que pourrait y jouer la médiation qatarie. Il rappelle que le Qatar occupe, selon lui, une place centrale dans le processus en cours et estime nécessaire de définir clairement son statut et ses prérogatives afin d’éviter toute ambiguïté diplomatique.

Le chef rebelle s’interroge également sur le devenir du processus de Doha, insistant sur la nécessité de préserver les acquis déjà obtenus. Il met en garde contre toute remise en cause implicite de ce cadre de discussions, qui pourrait fragiliser les avancées enregistrées jusque-là.

Sur le plan structurel, Corneille Naanga critique une instabilité méthodologique qu’il juge préjudiciable aux efforts de paix. Il rappelle que les négociations ont successivement été engagées à Nairobi, transférées à Luanda, puis déplacées vers Doha, sans concertation formelle préalable entre les différentes parties médiatrices concernées.

À cela s’ajoute, selon lui, la sollicitation parallèle d’une médiation américaine par le président Félix Tshisekedi, introduisant un canal supplémentaire non intégré de manière formelle au dispositif existant.

Naanga estime que cette multiplication des initiatives de paix, lorsqu’elle n’est pas clairement articulée, crée des chevauchements, des contradictions et un manque de cohérence stratégique.

Une situation qu’il considère comme de nature à affaiblir la crédibilité des mécanismes de médiation et à compromettre l’efficacité des efforts visant un règlement durable de la crise sécuritaire en RDC.

Cette sortie intervient dans un contexte régional marqué par une intensification des pressions diplomatiques et sécuritaires, alors que les violences persistent dans l’est du pays et que les tentatives de désescalade peinent à produire des résultats concrets.

Henri Ntambue

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