À Kabemba, localité du secteur de Luebo Kabambaie dans le territoire de Luebo, des voix s’élèvent au sein de la population contre des pratiques attribuées à un officier de la Police nationale congolaise (PNC) récemment affecté au commissariat local. En cause : des arrestations jugées arbitraires, des détentions prolongées et de possibles violations des droits humains.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces faits seraient survenus après le retour au commissariat de Kabemba du commandant Jean Simon Mandé Makabo, connu sous le surnom de « Monsieur Cent Mille (100 000) ».

Les habitants accusent ce dernier de procéder à des interpellations pour des faits qualifiés de bénins, sans respect des procédures légales en vigueur.

Détentions sans décision judiciaire,
Les personnes concernées affirment que certains détenus auraient vu leur durée de détention fixée directement par l’officier, parfois jusqu’à six mois, sans décision émanant d’une autorité judiciaire compétente. Des organisations locales évoquent également la privation de droits fondamentaux, notamment l’accès à un avocat et le respect des garanties légales prévues pour toute personne arrêtée.

Ces accusations, si elles étaient avérées, constitueraient une violation des principes consacrés par la Constitution congolaise et les engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains.

Un officier au parcours controversé

Le nom de Jean Simon Mandé Makabo n’est pas nouveau dans la région. D’après des sources concordantes, l’officier aurait déjà fait l’objet, par le passé, de mesures disciplinaires pour des faits similaires.

Il aurait notamment été interpellé à Kabemba, puis transféré à Tshikapa, avant d’être affecté ultérieurement au village Konyi, situé à une vingtaine de kilomètres de Kabemba. Là encore, il aurait été arrêté par l’auditorat militaire pour des accusations liées au non-respect des droits humains.

Malgré ces antécédents, il occupe aujourd’hui le poste de commandant second du commissariat de Kabemba, une affectation qui suscite incompréhension et inquiétude parmi les habitants.

À Kabemba, le climat est décrit comme tendu. Plusieurs notables et acteurs communautaires affirment que la population vit dans la crainte permanente d’arrestations abusives. Des appels sont lancés en faveur du retrait de l’officier concerné et du rétablissement d’un climat de confiance entre la police et les citoyens.

Face à la gravité des accusations, la population et certains acteurs de la société civile demandent aux autorités provinciales de la PNC à Tshikapa de ouvrir une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et, le cas échéant, de sanctionner les auteurs d’éventuels abus.
Pour l’heure, les autorités policières concernées n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces allégations.

Henri Ntambue

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