Vingt ans après la promulgation de la Constitution du 18 février 2006, le débat sur son avenir refait surface.
À l’occasion de cet anniversaire, Alain Nkashama Muana, coordonnateur national du Mouvement Debout Congolais pour le Changement (DCC), s’est exprimé sans lors d’une interview accordée à la rédaction de Lechocnews.net.

Pour lui, la Constitution actuelle reste avant tout une Constitution de belligérants, née dans un contexte de sortie de guerre.

Reconnaissant que cette loi fondamentale a permis certains progrès et apporté des résultats non négligeables, il estime néanmoins que le moment est venu d’aller plus loin.

« Il ne s’agit pas de réviser quelques articles, mais de changer complètement cette Constitution », affirme-t-il, plaidant ainsi pour un texte entièrement nouveau, capable de répondre aux aspirations profondes du peuple congolais.

Selon Alain Nkashama Muana, le problème ne se situe pas dans tel ou tel article précis, mais dès l’exposé des motifs.
Il soutient qu’une nouvelle Constitution bien pensée pourrait régler durablement des questions majeures, notamment celle de la passation pacifique du pouvoir.

S’adressant à la population en général, et particulièrement à celle du Kasaï, le coordonnateur du DCC appelle à soutenir l’idée d’un changement constitutionnel total.

Il reconnaît que le pays fait face à une guerre imposée à l’Est par la rébellion de l’AFC-M23, mais insiste sur la nécessité de réfléchir aussi aux réformes internes.

Pour lui, même à l’approche de la fin du conflit, la question constitutionnelle devra impérativement être relancée, car elle touche à l’intérêt supérieur de la nation.

Parmi les changements qu’il juge indispensables figure la remise en cause de la démocratie indirecte, qu’il considère comme peu productive.

Il propose de passer à une démocratie plus directe, avec notamment l’élection des gouverneurs de provinces et des autorités urbaines par le peuple.
Une telle base populaire, selon lui, permettrait de consolider la gouvernance et d’engager le pays sur la voie d’un véritable renouveau institutionnel.

Pour rappel, la Constitution du 18 février 2006 est la loi fondamentale de la Troisième République.
Adoptée par référendum en décembre 2005 et promulguée par le président Joseph Kabila, elle est le fruit du Dialogue intercongolais et visait à mettre fin à la transition politique issue des conflits armés.

 Moïse Adonis Mbuyi

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