Une vive contestation secoue le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN). Des agents de cet établissement public accusent leur directeur général, Faustin Biringanine, de détournement présumé de fonds, de surfacturation et d’abus de pouvoir. La délégation syndicale appelle les autorités judiciaires à ouvrir une enquête afin d’éclairer la gestion de cette structure chargée de préserver une partie des revenus miniers pour les générations futures.

Selon Patrick Badibanga, président de la délégation syndicale du FOMIN, près de 102 millions de dollars auraient été détournés au profit d’une société dénommée Fast Réseau de Service au Congo. Les syndicalistes affirment que les statuts de cette entreprise mentionneraient trois actionnaires portant le nom de Biringanine, dont deux auraient été mineurs au moment de la création de la société.

Les représentants des travailleurs dénoncent également le financement de la société Babil Mining, évalué à plus de 18 millions de dollars.

Selon eux, cet investissement aurait été réalisé dans une zone alors sous contrôle des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), ce qui soulève des interrogations sur l’opportunité et la légalité de l’opération.

Un autre dossier alimente la controverse : l’acquisition d’un immeuble situé sur l’avenue Cocotier, dans la commune de la Gombe à Kinshasa.

D’après les syndicalistes, le bâtiment a été acheté par le FOMIN pour 15,07 millions de dollars, alors qu’il aurait été proposé à la vente pour 9 millions de dollars, soit un écart de plus de 6 millions de dollars qui nourrit les soupçons de surfacturation.
Parallèlement à ces accusations, les agents évoquent un climat social tendu au sein de l’établissement. Un mouvement de grève a récemment éclaté autour du paiement de certaines primes. La mobilisation s’est atténuée après des orientations du Conseil d’administration dirigé par son président, Léon Mubukayi, mais les revendications des travailleurs restent d’actualité.

Dans leurs déclarations, certains syndicalistes accusent également le directeur général d’invoquer un trafic d’influence en citant le nom de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Aucune preuve publique n’a toutefois été présentée à ce stade pour étayer ces affirmations.

Cette affaire rappelle un précédent épisode judiciaire. En mai 2024, Faustin Biringanine avait été incarcéré à la suite de rapports d’enquête de l’Inspection générale des finances (IGF) et du parquet près la Cour de cassation évoquant des soupçons de malversations financières et de mauvaise gestion. Sa remise en liberté et son retour à la tête de l’établissement avaient suscité de nombreuses réactions dans le monde du travail.
Aujourd’hui, les agents du FOMIN demandent aux autorités compétentes d’examiner en profondeur la gestion de cette institution stratégique. Certains appellent également le président de la République, Félix Tshisekedi, à accorder une attention particulière à la situation du fonds destiné à préserver les ressources minières pour les générations futures.

Rédaction

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