Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a affiché ce mercredi, 4 Mars une opposition frontale à toute initiative de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, décochant au passage des critiques appuyées contre Evariste Boshab, figure associée aux débats constitutionnels depuis l’adoption de la Loi fondamentale de 2006.

Face à la presse, Bahati Lukwebo a dénoncé ce qu’il qualifie de volte-face idéologique de certains acteurs politiques. « Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il lancé, dans une déclaration au ton inhabituellement tranchant.

Pour l’ancien président du Sénat et actuel allié de taille de l’UDPS au sein de l’Union sacrée, le débat sur la révision de la Constitution ne repose sur aucun fondement solide. « Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il affirmé, estimant que les difficultés institutionnelles relèvent davantage de la gouvernance et du respect des lois existantes que d’une quelconque obsolescence du cadre constitutionnel.

Allusion directe à ceux qui jugent la Constitution « dépassée » dix-sept ans après sa promulgation : « Il ne suffit pas de dire qu’elle est dépassée 17 ans après. C’est quelle théorie scientifique ? », a-t-il interrogé, mettant en cause la rigueur intellectuelle des partisans d’une réforme.

Sans le nommer explicitement dans ses premières déclarations, Bahati Lukwebo a néanmoins ciblé ceux qu’il présente comme les « géniteurs » du texte constitutionnel, en référence aux acteurs ayant participé à son élaboration. « Je ne comprends pas comment ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devraient protéger cette Constitution, disent aujourd’hui le contraire », a-t-il déclaré, dans une critique à peine voilée visant Evariste Boshab, constitutionnaliste et ancien président de l’Assemblée nationale.

Il convient de rappeler que ces propos sont tenus dans un contexte politique marqué par des spéculations récurrentes autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, un sujet sensible dans un pays où la question des mandats présidentiels a déjà provoqué de vives tensions par le passé.

En s’opposant publiquement à toute modification de la Loi fondamentale, Bahati Lukwebo s’inscrit dans une ligne de fermeté institutionnelle, tout en accentuant les fractures au sein de la classe politique congolaise sur l’avenir du cadre constitutionnel. Ce qui frise des divergences au sein de l’Union sacrée plateforme majoritaire du pouvoir actuel.

Henri Ntambue

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