Les États-Unis ont accentué, vendredi 6 mars, la pression diplomatique sur le Rwanda en annonçant des restrictions de visas visant plusieurs hauts responsables rwandais accusés d’alimenter l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cette décision intervient quelques jours seulement après une première série de sanctions américaines qui ont ciblé l’armée rwandaise ainsi que plusieurs ressortissants du pays.
Dans un communiqué, le Département d’État américain explique que ces responsables sont sanctionnés pour leur rôle présumé dans la déstabilisation de l’est congolais, notamment à travers le soutien apporté à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Washington estime que ce soutien constitue une violation des accords de Washington et contribue à alimenter les violences tout en fragilisant la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Les autorités américaines appellent également toutes les parties signataires des accords à respecter leurs engagements.
Selon Washington, la République démocratique du Congo doit procéder à la neutralisation immédiate des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des groupes qui leur sont associés. De son côté, le Rwanda est attendu sur le retrait de ses troupes et de son matériel militaire du territoire congolais.
« Ce n’est qu’à ces conditions que l’immense potentiel économique de la région des Grands Lacs pourra être pleinement exploité », souligne le communiqué du Département d’État.
Washington avertit par ailleurs que toute personne jugée responsable ou complice d’actions compromettant une paix durable dans la région pourrait faire face à de nouvelles sanctions.
Cette mise en garde intervient dans la foulée d’une décision annoncée le 2 mars par le Département du Trésor américain. Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a inscrit la Rwanda Defence Force (RDF) sur sa liste des entités sanctionnées, dite « Specially Designated Nationals and Blocked Persons » (SDN). Quatre ressortissants rwandais ont également été visés par ces sanctions : Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga, connu sous le nom de « MK MUBARKH », et Vincent Nyakarundi.
Cette désignation entraîne le gel des avoirs des personnes et entités concernées relevant de la juridiction américaine et interdit aux citoyens ainsi qu’aux entreprises américaines d’effectuer toute transaction avec elles.
