À l’occasion de la Journée internationale des femmes, célébrée le 8 mars, Madame Julie Ochano Zenga, coordonnatrice de l’ONG BINADAMU EN ACTION, a dénoncé la faible représentativité des femmes dans les institutions de prise de décision en République démocratique du Congo, en particulier dans la province du Kasaï.
Invitée de l’émission Face à la Vérité diffusée sur la radio Kasaï24, elle a dressé un tableau sombre de la participation des femmes dans la vie politique et administrative. Selon elle, malgré les dispositions de l’article 14 de la Constitution qui consacre la parité, les femmes restent largement sous-représentées dans les postes de responsabilité.
Julie Ochano Zenga déplore également l’utilisation des femmes par certaines formations politiques, qui les mobilisent principalement pour accueillir les autorités administratives et politiques, sans leur accorder une véritable place dans les instances de décision.
Durcissant le ton, elle a condamné la pratique de certains acteurs politiques consistant à distribuer des pagnes aux femmes à l’occasion du 8 mars. Pour elle, cette démarche réduit la portée de cette journée et constitue un manque de respect envers les femmes.
« La journée du 8 mars n’est pas un moment de jouissance ni une occasion pour distribuer des pagnes. C’est un temps de réflexion pour les femmes sur leurs droits et sur leur place dans les institutions de prise de décision », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, la coordonnatrice de BINADAMU EN ACTION a plaidé pour la mécanisation des femmes travaillant dans plusieurs secteurs, notamment l’enseignement et la santé, estimant que de nombreuses femmes continuent de servir l’État sans reconnaissance administrative ni garanties professionnelles.
Elle appelle ainsi les autorités et les partis politiques à respecter l’esprit de l’article 14 de la Constitution et à promouvoir réellement la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques.
Henri Ntambue