Dans la province du Kasaï, un rapport du ministère provincial de l’intérieur, révèle un réquisitoire sévère contre la gestion du service de la police d’incendie. Ce document daté du 12 mars 2026 et signé par l’inspecteur et expert d’enquête Beya Malu Papy, met à nu un réseau de détournements et de violences dans la province.
Ces révélations sont issues d’une enquête menée dans les postes de contrôle de Milambo, Kamuesha, Katshiongo, Luangue et Shamusanda. Selon l’inspecteur Beya Malu, le service de la police d’incendie, censé contribuer à la mobilisation des recettes dans la province, se livre désormais à des pratiques illicites.
Le rapport dénonce notamment la persistance de la vente d’imprimés de valeur non officiels. Ces documents, souligne la même source, permettraient de percevoir des fonds qui échappent totalement au trésor provincial, alimentant ainsi des circuits parallèles au détriment du développement de la région.
Au-delà des malversations financières, le rapport souligne l’insécurité physique qui règne au sein même du service. Un cas particulièrement grave est cité, celui de l’agent pompier Mbumba Junior qui aurait été violemment battu et menacé au poste de Shamusanda, au point d’être retrouvé dans un état critique.
L’inspecteur enquêteur affirme que malgré les alertes répétées auprès de la hiérarchie, aucune assistance n’a été apportée à la victime. Il dit avoir fait l’objet d’intimidations et de menaces de la part d’agents à Milambo et Katshiongo, visant à l’empêcher de transmettre ses conclusions aux autorités de tutelle.
Par ailleurs, l’inspecteur Beya Malu ne s’appuie pas uniquement sur des témoignages. Le rapport mentionne l’existence de photos et d’enregistrements vidéo, réalisés notamment au poste de Milambo, qui documentent les irrégularités constatées sur le terrain. Il déplore également une rupture dans la procédure administrative, indiquant que la clôture de l’enquête n’aurait pas suivi les instructions initiales du ministre de l’Intérieur.
Pour le moment, ni le gouvernement provincial du Kasaï, ni le ministère de l’Intérieur n’ont réagi officiellement à ces révélations. Un silence qui en dit long sur la suite qui sera réservée à ce dossier.
Kasco Kasonga