4 700 femmes, 542 enfants et 1 758 hommes sont en danger depuis le déclenchement de la grève des agents publics de santé (infirmiers et infirmières) dans la province du Kasaï.

Depuis le début de ce mouvement, plusieurs conséquences sont enregistrées. Les plus vulnérables restent les personnes vivant avec le VIH/SIDA, dont beaucoup ont raté leurs séances de traitement, notamment la réception des antirétroviraux (ARV).

« Aucune structure sanitaire ne fournit actuellement des ARV aux PVVIH, dont la majorité sont des femmes, en raison de cette grève sèche des infirmiers et infirmières qui réclament leurs arriérés », a déclaré Madame Adèle Kabedi, secrétaire exécutive provinciale de l’UCOP+ (Union congolaise des organisations des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Kasaï).

Cette grève du personnel soignant fait suite à une réclamation de sept mois d’arriérés de salaire, plongeant plusieurs services de santé dans une situation critique depuis le 18 mars dernier.

Selon l’intersyndicale, 35 décès ont été enregistrés en l’espace de cinq jours dans les 18 zones de santé que compte le Kasaï. À cela s’ajoutent 38 accouchements réalisés à domicile ainsi que l’annulation de 50 séances de vaccination, faute de personnel dans les centres de santé.

De son côté, après une descente sur le terrain, la ministre provinciale de la Santé, Madame Odette Nkama Mekanda, s’est dite préoccupée par la situation et a promis son implication, ainsi que celle du gouverneur de province, pour une solution urgente afin de sauver des vies humaines.

« Après mon évaluation sur le terrain dans les hôpitaux généraux de référence, aucun infirmier n’est présent. Seuls les médecins assurent un service minimum. Un rapport a été transmis aux autorités compétentes pour une réponse rapide », a-t-elle indiqué.

De leur côté, les représentants syndicaux des infirmiers ont assuré que des démarches sont en cours pour trouver une solution, estimant que leurs revendications sont légitimes. Le député national Guy Mafuta a accompagné la délégation des syndicalistes dans ces démarches visant à localiser leur paiement.

« Les démarches sont en cours, de la direction de la paie à la Banque centrale, sur instruction des autorités compétentes. Le mois de janvier devrait déjà être payé », a déclaré Guy Mafuta avec confiance le 28 mars 2026.

Il convient de noter que la levée de la grève était initialement attendue entre le 30 mars et le 4 avril.

Signalons que les grèves du personnel de santé en RDC, y compris au Kasaï, sont récurrentes. Elles sont souvent liées aux mêmes problèmes : salaires impayés, mauvaises conditions de travail et promesses non tenues. Des mouvements similaires avaient déjà été observés en juillet 2025 et en août 2021, où les agents de santé avaient cessé le travail pendant plusieurs mois.

Henri Ntambue

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *