Lancé officiellement le 2 septembre 2024 à Tshikapa, province du Kasaï par la ministre nationale de l’Éducation, Raissa Malu, le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) semblait donner une lueur d’espoir quant à l’augmentation du taux de scolarisation des filles.
Cependant paraît se volatiliser.

La journée de ce mercredi a été sous une forte tension.

Dans certaines écoles de la ville de Tshikapa, des élèves filles bénéficiaires de cette bourse PAAF tant de la vacation matin et soir, ont été renvoyées par les chefs d’établissements
À l’origine de cette situation, une décision de l’intersyndicale des enseignants, qui exige le paiement des frais scolaires par ces élèves, pourtant censées être prises en charge dans le cadre de ce projet.

Des vidéos devenus virales sur les réseaux sociaux montrent dans certains endroits, ces filles en colère scandant des chansons pour montrer leur indignation.

 » Nuvu bietu nutulekela tufuta (Ndlr : Vous devriez nous laisser payer )  » scandent les élèves de l’institut Disuminyina dans la commune de Mabondo.

 » Ils avaient décidé de nous prendre en charge pensant que nos parents n’ont pas la possibilité de supporter la charge de nos études, nous avons besoin d’étudier et nous revendiquons nos droits « , a déclaré devant le bureau du PAAF une finaliste du Lycée Disanka.

Pour une actrice des droits des femmes, PAAF doit respecter ses engagements.
Elle pense que la décision de renvoyer les élèves des établissements scolaires est une preuve que les enseignants sont poussés à bout.

 » Je n’encourage pas la décision de renvoyer les élèves mais ces enseignants ont manifesté leur volonté depuis le mois de septembre.
Si PAAF se voit dans l’incapacité d’honorer ses engagements, il doit abandonner la charge sur les épaules des parents  » a déclaré Mme Sanctifiée Ngalula, appelant à la conscience de ceux qui gèrent ce projet au Kasaï.

Pour les autorités éducationnelles, toutes les autorités provinciales et même nationales sont déjà saisies du dossier.

 » C’est votre revendication.
Toutes les autorités provinciales sont déjà au courant, le secrétaire général au ministère national de l’éducation est au courant voire la ministre de l’éducation.
Je vous appelle au calme et à la patience, une solution sera vite trouvée  » a déclaré devant les élèves, Mme Virginie Alembe, Directrice Provinciale de la Province éducationnelle Kasaï 1.

Plusieurs voix s’élèvent pour appeler à l’intervention des autorités nationales, des députés du Kasaï pour sauver cette année scolaire.

Notons qu’après une réunion tenue ce mercredi entre le gouvernement provincial, les syndicats et la société civile, il a été unanimement décidé du non renvoi des élèves filles bénéficiaires de cette bourse PAAF.
Ces élèves vont donc reprendre les cours dès ce jeudi.

Selon un communiqué du Directeur de cabinet du gouverneur de province, Faustin Kambala, cette décision est prise en attendant la poursuite des démarches auprès des instances nationales pour le paiement intégral de différents frais par le PAAF.

Le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) est financé par la Banque mondiale, à hauteur de 400 millions de dollars américains, pour être exécuté dans 10 provinces avec une durée de 4 ans, soit de 2024 à 2028.

Dossier à suivre 

   Reportage, Mbuyi Kapuku
2 thoughts on “Kasaï : Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF), grogne dans des écoles”

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