Ne pas dormir sous une moustiquaire, accumuler des immondices, mal gérer les eaux stagnantes ou encore négliger l’assainissement de l’environnement : telles sont quelques mauvaises pratiques qui favorisent la prolifération des moustiques Anopheles, vecteurs du paludisme. Ces facteurs ont été évoqués lors d’un atelier de renforcement des capacités des femmes journalistes, tenu à Kinshasa le 24 avril 2026, organisé par l’ASBL Jeunes en Action.

Entre 2024 et 2025, la République démocratique du Congo a enregistré plus de 29 millions de cas de paludisme, avec plus de 21 000 décès, selon le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans restent les plus vulnérables, représentant une part importante des cas graves et des décès.

« Le nombre de cas de paludisme est d’ailleurs sous-estimé, car de nombreuses zones ne notifient pas correctement les cas. Il est crucial de sensibiliser davantage les communautés à la prévention, car cette maladie représente un réel danger et peut être mortelle. Chez la femme enceinte, elle peut entraîner des complications graves pour la mère et l’enfant », a insisté le Dr Benjamin Ngoy, de la coordination provinciale du PNLP à Kinshasa.

Le paludisme demeure une urgence de santé publique majeure en Afrique. La RDC figure parmi les pays les plus touchés au monde. Toutefois, des efforts sont fournis pour améliorer la prise en charge, notamment avec la gratuité des premiers soins dans les structures sanitaires publiques, comme l’a indiqué le représentant du PNLP lors de cette séance.

La lutte contre le paludisme repose sur trois axes principaux : la prévention, la prise en charge et la surveillance. Dans ce contexte, les journalistes jouent un rôle clé dans la sensibilisation des populations, la prévention constituant le premier axe. Encore faut-il qu’ils disposent d’informations claires et fiables pour mieux informer les communautés.

De son côté, la chargée de projet de lutte contre le paludisme « Voix Essentielles » a souligné l’importance particulière des femmes journalistes dans ce combat :
« Au-delà de notre rôle de professionnelles des médias, nous sommes aussi des mères, des épouses, des sœurs et des responsables de foyers. Dans les ménages, ce sont souvent les femmes qui assurent la protection et le suivi de la santé des enfants. Leur rôle est donc essentiel dans la prévention des maladies et la sauvegarde des vies », a déclaré Plamédie Ibala.

À l’issue de cette rencontre, plusieurs bonnes pratiques ont été rappelées aux participantes pour leur vulgarisation, notamment : dormir chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide, assainir l’environnement en éliminant les eaux stagnantes, et se rendre rapidement dans un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes tels que la fièvre, les maux de tête ou la fatigue. Les femmes enceintes ont également été encouragées à suivre régulièrement les consultations prénatales et à bénéficier des traitements préventifs recommandés.

À noter que cette initiative a été organisée par l’ASBL Jeunes en Action, à travers son projet « Voix Essentielles », avec l’appui technique et financier de Speak Up Africa. Elle vise à renforcer les capacités des femmes journalistes afin qu’elles deviennent des actrices du changement dans leurs communautés, en promouvant les bonnes pratiques de prévention du paludisme.

Signalons que la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est célébrée le 25 avril 2026, sous le thème : « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons ».

Christine Folo Singa

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