La Société civile Bonne Gouvernance (SCBG) a dénoncé, ce week-end à Tshikapa, plusieurs cas récents de violences mortelles attribuées à des éléments des forces de sécurité et de défense de la République démocratique du Congo. Ces dénonciations ont été faites devant la presse par son coordonnateur, Gilbert Ngoyi, qui a également salué certaines actions engagées par la justice militaire.
Le premier cas évoqué concerne un militaire accusé d’avoir tué sa propre épouse à Kamonia, chef-lieu du territoire de Tshikapa, il y a environ trois semaines. Après avoir pris la fuite, le suspect a finalement été interpellé grâce à la collaboration des autorités provinciales des Forces armées de la RDC, puis mis à la disposition de l’auditorat militaire.
La société civile salue cette arrestation, qu’elle considère comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité et un geste visant à préserver l’image des forces armées, rappelant que le droit à la vie est sacré et que nul n’est au-dessus de la loi.
Un deuxième cas concerne un policier accusé d’avoir volontairement ôté la vie à un citoyen congolais, pédaleur de profession, dans le territoire de Tshikapa. Selon la SCBG, le drame serait survenu à la suite d’une pratique illégale liée au secteur du transport.
La victime, Monsieur Mbuyi Balanganayi, laisse derrière elle une veuve et plusieurs orphelins. Le présumé auteur des faits, le policier Serge Bwamuisi, a été arrêté et placé en détention à l’amigo de la Police nationale congolaise à Mutshima. La société civile exige qu’il soit traduit en justice et jugé pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort.
Un autre incident implique un militaire nommé Moleka José, lors d’un événement lié à une pratique jugée rétrograde par la société civile, consistant à promener un cadavre pour une collecte forcée de fonds, une coutume que la SCBG estime contraire aux valeurs culturelles du Kasaï.
Selon les informations rapportées, alors que le militaire tentait de récupérer un vélo confisqué à un pédaleur(Muyanda) par des jeunes impliqués dans cette pratique, il aurait fait usage de son arme sans tirs de sommation, blessant grièvement un citoyen. Là aussi, la société civile indique que l’auditeur militaire a procédé à l’arrestation du suspect et espère que la justice suivra son cours jusqu’à son terme.
Dans sa déclaration, Gilbert Ngoyi a rappelé que si la population a des devoirs à respecter, elle jouit également de droits fondamentaux inaliénables, notamment le droit à la vie et à la sécurité. Il estime que la répétition de ces abus est largement favorisée par l’impunité et appelle les autorités policières, militaires et judiciaires à assumer pleinement leurs responsabilités.
La Société civile Bonne Gouvernance se félicite de l’implication de l’auditorat militaire dans ces différents dossiers, tout en exhortant le tribunal militaire, les cours et tribunaux ainsi que le parquet civil à faire preuve de la même rigueur, afin que justice soit rendue et que les violations des droits humains ne restent plus impunies.
Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa