L’Église du Christ au Congo (ECC) a officiellement saisi le Parquet général près la Cour d’Appel du Kasaï d’une plainte à l’encontre de Monsieur BABISHA ABRAHAM, Proved de Mweka, qui fait l’objet d’un Mandat de Comparution pour de graves infractions liées à la gestion des établissements scolaires de la 57e ECC.

Selon les informations fournies par les autorités ecclésiales, Monsieur BABISHA est accusé notamment de :

  • violation manifeste de la convention de gestion des écoles signée entre l’État congolais et l’ECC, s’étant substitué illégalement aux autorités ecclésiales compétentes pour bloquer les décisions de désignation et de réhabilitation des animateurs des structures ;
  • la complicité dans l’usurpation de la prérogative exclusive de l’Église pour la nomination des animateurs ;
  • suspension illégale et abusive de membres du personnel figurant sur les listings de paie, entraînant le non-paiement et le détournement des salaires de plus de vingt agents administratifs de la 57e ECC ;
  • complicité présumée dans le détournement des salaires et abus de pouvoir ;
  • complicité dans l’usurpation de fonctions imputée à Monsieur PONGO ANACLET, désigné selon l’ECC par une personne « sans qualité ni compétence » ;
  • complicité dans des faits de faux et usage de faux, notamment des actes attribués à Monsieur WISHIYA, qui aurait procédé à des suspensions et désignations irrégulières ;
  • abstention coupable face à ces manquements.

L’ECC indique avoir transmis au Parquet général l’ensemble des pièces à conviction ( la convention de gestion, listes du personnel, documents de paie, correspondances internes non exécutées par Monsieur BABISHA ABRAHAM et autres éléments administratifs) et demande l’ouverture d’une enquête pénale et administrative.
l’Église souligne que ces actes constituent une atteinte grave aux engagements contenus dans la convention de gestion des établissements d’enseignement et mettent en péril les droits des travailleurs ainsi que la qualité du service éducatif rendu aux élèves, se cachant derrière l’appartenance à une religion en violation de la convention qui stipule clairement qu’aucun Agent ne peut être sanctionné pour son appartenance à une religion.

Le Mandat de Comparution notifié à Monsieur BABISHA ABRAHAM vise à lui permettre de répondre devant le Parquet des chefs d’accusation retenus contre lui. L’ECC réclame en outre la suspension de toutes procédures disciplinaires irrégulières, la protection de ses agents concernés, la restitution des salaires détournés et la réhabilitation immédiate des victimes dans leurs droits.

Contactée, une source proche du dossier au sein de l’ECC a déclaré : « Nous demandons à la justice de faire la lumière sur ces faits et de rétablir l’ordre juridique prévu par la convention signée avec l’État. » Les responsables ecclésiaux ont également appelé au calme et à la coopération de toutes les parties prenantes, évitant toute action de représaille.

À ce stade, ni Monsieur BABISHA ABRAHAM ni ses éventuels coauteurs n’ont fait de déclaration publique officielle. Le Parquet général près la Cour d’Appel du Kasaï a confirmé la réception de la plainte et indiqué qu’il mènera les investigations nécessaires avant de décider des suites judiciaires.

Les parents d’élèves, le personnel des établissements concernés et les autorités locales sont appelés à se conformer aux recommandations de l’ECC en attendant l’issue de l’enquête. L’affaire risque d’avoir des répercussions importantes sur la gestion des écoles confessionnelles dans la Province Educationnelle concernées si les allégations sont établies.

H. NTAMBUE — journaliste d’investigation

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